HISTORIQUE DU CHIEN

Le chien est le premier animal domestiqué par l'homme. Depuis 12 000 ans, il partage intimement sa destinée mélant agrément et utilité. Cependant, ces origines n'ont jamais été réellement bien établies.

Plusieurs théses s'opposent. En s'appuyant sur le fait qu'il existait d'innombrables chiens errants comparables aux dingos australiens, certains chercheurs soutiennent que le chien est une espèce distincte du loup, à noter que nul n'a encore trouvé de fossiles qui puissent être rapportées à une "espèce" chien et qui soient antérieures à l'homme.

Pour d'autres, certains chiens pourraient dériver du chacal doré (Canis aureus) très répendu à l'époque. A l'appui de cette théorie, on remarque dans cette espece des moeurs et un mode de vie le prédisposant à une certaine domestication mais à l'encontre de cette hypothèse, le chacal doré était un chasseur solitaire tuant des petites proies pour son usage personnel.

Le loup (Canis lupus)

La dentition

L'on range ce carnivore dans la famille des canidés au même titre que le chacal et le renard. Tout comme eux, le chien possede 42 dents au total soit, par demi-mâchoire, 3 incisives, 1 canine, 4 prémolaires, 2 molaires
supérieures et 3 molaires inférieures. A noter que cette dentition est restée très proche de celles des formes primitives, bien que la 3 ème molaire supérieure ait régressé jusqu'à disparaître.
 

Schémas comparatifs d'un crâne de loup (dessin de
                                                    gauche) et d'un crâne de Dogue Allemand (dessin de
                                                    droite). La similitude évidente qui caractérise les os de la
                                                    tête et les dentures de ces 2 carnivores plaide en faveur
                                                    de la théorie selon laquelle le loup serait l'ancêtre de
                                                    chien. Les deux animaux présentent notamment des
                                                    analogies au niveau des carnassières inférieures, ce qui les
                                                    différencie du chacal (dessin de Roger-Guy Charman)
 
 
 
 
 

En outre, les caractères du crâne et des dents permettent de bien distinger le chacal d'un côté et le loup et le chien d'un autre.
Finalement, la seule hypothèse possible, reste celle de la dérivation du chien à partir du loup, lequel était certainement par
ailleurs le Canidé le plus largement réparti dans les régions tempérées et froides de l'Ancien et du Nouveau Monde dès le
Pléistocène moyen ou supérieur.
 

Nous vous convions à un voyage dans le temps qui vous fera voir notre ami Canis familiaris, alias le chien, sous un tout autre jour...
 

Voici une nouvelle hypothèse qui expliquerait la domestication de certains d'entre eux.

Il y a environ 12 000 ans, les premiers villages font leur apparition.

Certains loups gris voient la décharge du village comme une source de nourriture intéressante. Les plus dociles d'entre eux ont pu s'approcher des déchets et, tranquillement, s'adapter à ce nouvel environnement.

Ce sont ces loups qui seraient, par la suite, devenus des chiens.
Selon Raymond Coppinger, professeur de biologie au Hampshire College dans l'État du Massachusetts, le passage du loup au chien est le fruit d'une sélection naturelle, au sens où l'entendait Darwin.

Les humains n'auraient pas volontairement choisi de transformer le loup en chien. Comme le loup est naturellement attiré par les déchets, son comportement de fouiller pour trouver de la nourriture lui a fait découvrir un nouvel environnement : la décharge. Par contre, seuls les loups qui n'ont pas fui devant la présence humaine ont pu vivre des restes qu'ils trouvaient dans la décharge.

Bref, au début du processus de domestication, les humains n'auraient rien fait, sauf d'avoir créé la décharge...
Selon l'hypothèse du Pr Coppinger, ce serait les loups adultes ayant des comportements juvéniles qui seraient demeurés dans les villages.

Les comportements juvéniles sont bien différents de ceux du loup adulte : les louveteaux sont sociables, enjoués, affectueux et jappent pour tout ou rien. Des comportements qui se rapprochent beaucoup plus de ceux du chien.

En génétique, la sélection de comportements juvéniles chez les adultes se nomme néoténie.

Le chien serait donc un loup néoténique, car il conserve des traits infantiles ou juvéniles jusqu'à l'âge adulte.
En comparant le crâne d'un loup à celui d'un chien, le Pr Coppinger a confirmé que le chien possède la morphologie d'un loup juvénile.

Le crâne de gauche provient d'un loup et celui de droite d'un chien. Ils ont approximativement la même longueur. Le chien a un lobe frontal plus robuste, mais de façon générale, les deux crânes ont la même forme.

La différence, c'est que le loup adulte pesait environ 36 kilos tandis que le chien en pesait presque 70. Donc, nous voici avec un chien qui a une tête de la même taille que celle d'un loup, dont le poids est presque la moitié moindre!
À l'arrière du crâne, on observe que le loup a une grande boîte cranienne. Si on examine cette même région chez le chien, on découvre une boite crânienne plus petite. Le chien a un tout petit cerveau à l'intérieur.

Donc, non seulement le chien a un petit crâne en comparaison au loup, mais à l'intérieur de ce petit crâne, il a un cerveau encore plus petit!
Certains loups gris, il y a 12 000 ans, se seraient donc transformés en chiens. Par la suite, sur plusieurs continents, sont apparues les premières grandes races de chien. Ce n'est que depuis deux siècles seulement, en pratiquant un élevage sélectif, qu'on a réussi à produire plus de 300 races.

Comment expliquer toute cette diversité?
Mark Feinstein, collègue du professeur Coppinger, a voulu savoir si la néoténie pouvait expliquer comment autant de morphologies ont pu se manifester en si peu de temps. Il a comparé les crânes de plusieurs races.

Il s'est rendu compte que le développement de chaque partie de l'anatomie a son propre rythme de croissance.

Par exemple, si au moment de créer une race, on choisit les individus qui ont le museau le plus court, la longueur du museau diminuera de génération en génération. On se retrouvera avec un chien sans museau, mais avec un palais proéminent. C'est le cas du Saint-bernard.

Si, au contraire, on sélectionne des chiens dont tout le rythme de croissance est lent, c'est toute la taille de l'animal qui diminuera, comme chez le pékinois.
À chaque fois que l'on crée une race, on modifie les gènes responsables du développement de chaque partie de l'anatomie.

Tous les chiens des 300 races ont tous les mêmes gènes. Par contre, ces gènes ont des caractéristiques différentes. Chacun s'exprime à son rythme, à des moments différents. C'est un processus d'évolution que l'on appelle l'hétérochronie.

Dans le cas du chien, on parle de néoténie. Par ce mécanisme, on obtient la forme caractéristique d'une race en retardant le développement, en accélérant ou en ralentissant l'expression de certains gènes.
La diversité de forme que nous connaissons aujourd'hui est d'abord le résultat d'une volonté de faire du chien, le premier animal domestiqué, un animal de travail. Au-delà de l'obéissance et de la docilité, les humains se sont rendus compte qu'ils pouvaient sélectionner chez le chien toute une variété de comportements : garder les troupeaux (berger des Pyrénées, collie, bouvier des Flandres), protéger et défendre (berger allemand, doberman, rottweiler, mastiff), chasser le gibier (terrier, braque, épagneul, retriever, basset, beagle, lévrier), tirer des charges (chien esquimau, husky) et être une bête de compagnie (caniche, dalmatien, chow chow, chihuahua).
La garde des troupeaux de moutons est probablement l'une des premières tâches à avoir été sélectionnées chez certaines races de chien. Le border collie est un exemple de chien ayant hérité de ce comportement millénaire.

Face à un troupeau, un loup adulte se serait comporté en prédateur et aurait dévoré un des moutons. Pour sa part, le border collie a plutôt un comportement de loup juvénile. Il commence par pourchasser les moutons. Si le troupeau ne réagit pas, il fixe et ensuite il traque : des comportements de prédation typiques.